Format Factur-X : le standard de facture électronique hybride

Main posant une feuille de papier quasiment vierge à côté d'un ordinateur portable à l'écran abstrait, symbolisant la coexistence papier et numérique.

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Né d'une coopération entre la France et l'Allemagne, Factur-X est un format de facture électronique hybride : un même fichier associe un PDF lisible directement par une personne et des données au format XML structurées destinées au traitement automatisé par un logiciel comptable. C'est le premier format à avoir mis en œuvre la norme sémantique européenne EN 16931, et il ne fait qu'un avec ZUGFeRD, son équivalent allemand. Factur-X répond donc à la norme sémantique européenne tout en restant un format électronique lisible pour un humain. Factur-X est donc l'un des trois formats de facture électronique du socle minimal de la réforme de la facturation électronique en France que chaque entreprise et chaque plateforme agréée doit savoir recevoir, aux côtés d'UBL et de CII. La version Factur-X actuelle du standard, Factur-X 1.09.2, a été publiée le 4 août 2026 conjointement avec ZUGFeRD 2.5.2 par le FNFE-MPE (Forum National de la Facture Électronique et des Marchés Publics) et son homologue allemand le FeRD.

Qu'est-ce que le format Factur-X ?

Conforme à la norme sémantique européenne EN 16931, Factur-X est un format mixte : un fichier PDF (Portable Document Format, ou format de document portable en français), que n'importe qui peut ouvrir et lire comme une facture classique, contient en son sein un fichier au format XML embarqué qui reprend les mêmes données sous une forme structurée exploitable automatiquement pour le traitement des factures par un logiciel de facturation ou un logiciel comptable. Cette double nature explique le terme « format hybride » : la facture reste lisible pour un humain tout en permettant de répondre à la norme sémantique européenne pour un traitement automatisé, ce qui en fait un format hybride de facturation électronique complet. L'origine du format Factur-X remonte à un travail conjoint entre la France et l'Allemagne pour harmoniser leurs standards nationaux de facture électronique en France et en Allemagne. Factur-x est un format qui répond donc à deux besoins à la fois, ce qui explique son adoption rapide en France comme standard Factur-X de référence pour les entreprises françaises assujetties à la TVA, et pourquoi de plus en plus d'entreprises choisissent d'adopter Factur-X plutôt qu'un format purement structuré.

Comment fonctionne le format hybride PDF et XML de Factur-X ?

Concrètement, une facture au format Factur-X est un fichier PDF classique, souvent au format PDF/A-3 pour l'archivage, dans lequel un fichier XML est intégré en pièce jointe embarquée. Le fichier PDF assure la lisibilité immédiate de la facture, tandis que le fichier XML porte les données structurées de la facture (identité du fournisseur et du client, montants, TVA, références) conformes à la norme sémantique EN 16931. Un logiciel de facturation compatible peut lire directement le fichier XML pour automatiser la saisie comptable, sans que l'utilisateur humain ait besoin d'ouvrir un fichier séparé : les deux couches (PDF et XML) circulent dans un seul et même document.

Quels sont les profils de données Factur-X ?

La norme Factur-X propose plusieurs profils de données, du plus simple au plus détaillé, pour s'adapter aux besoins de chaque échange. Au bas de l'échelle, MINIMUM se limite au strict nécessaire demandé par Chorus Pro. BASIC WL reprend les données globales de la facture (en-tête et totaux) que les acheteurs réclament le plus souvent, sans le détail des lignes. BASIC ajoute ces lignes, avec leurs informations essentielles. Le profil EN 16931 va jusqu'au bout de la norme sémantique européenne EN 16931 et reprend l'ensemble des données qu'elle prévoit : c'est le profil de référence pour la conformité complète à la réforme. EXTENDED, enfin, part du profil EN 16931 et y ajoute des champs supplémentaires, utiles pour des besoins sectoriels spécifiques. Le choix du profil dépend donc de la quantité d'informations que le fournisseur et son client ont besoin d'échanger : plus la relation commerciale est riche en données, plus le profil doit être détaillé.

Factur-X est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?

Factur-X n'a pas l'exclusivité : UBL et CII complètent le socle minimal de trois formats. Une entreprise française assujettie à la TVA ne peut refuser une facture arrivant dans l'un d'eux, et une plateforme agréée (immatriculée par la DGFiP, et longtemps appelée « plateforme de dématérialisation partenaire ») doit savoir les traiter tous les trois. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France doit pouvoir recevoir des factures électroniques et des factures au format électronique, quel que soit le format du socle minimal utilisé par son fournisseur, y compris Factur-X. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) doivent en plus émettre des factures au format électronique et transmettre leurs propres factures sous forme électronique depuis cette même date ; les PME et les micro-entreprises disposent d'un délai supplémentaire et devront émettre leurs factures électroniques à partir du 1er septembre 2027. Rien n'oblige une entreprise à choisir précisément Factur-X plutôt qu'UBL ou CII pour créer une facture électronique : c'est sa plateforme agréée et celle de son client qui doivent être en mesure de traiter le format de facturation électronique retenu.

Factur-X et ZUGFeRD : quelle différence ?

Il n'y a pas de différence technique entre Factur-X et ZUGFeRD : les deux noms désignent un seul et même standard, aligné sur ZUGFeRD 2.5. Factur-X est le nom utilisé côté français, porté par le FNFE-MPE, tandis que ZUGFeRD est le nom utilisé côté allemand, porté par le FeRD ; les deux organismes publient leurs mises à jour de façon synchronisée, comme la version 1.09.2 de Factur-X publiée le même jour que la version 2.5.2 de ZUGFeRD, le 4 août 2026. Un logiciel conforme à l'une des deux appellations est donc conforme à l'autre, ce qui facilite les échanges de factures électroniques entre entreprises françaises et allemandes.

Factur-X, Chorus Pro et le secteur public : quel rapport ?

Chorus Pro est le portail de facturation électronique dédié aux relations avec le secteur public (B2G, factures adressées par une entreprise à une administration), obligatoire depuis le 1er janvier 2017, donc bien antérieur et distinct de la réforme B2B 2026 traitée sur ce site. Chorus Pro ne doit pas être confondu avec le Portail Public de Facturation (PPF) : ce dernier, recentré sur un rôle d'annuaire et de concentrateur de données pour la réforme B2B, est un dispositif différent de Chorus Pro, dédié au B2G. Le lien entre Factur-X et Chorus Pro tient au profil MINIMUM, spécifiquement conçu pour correspondre aux données minimum exigées par Chorus Pro : une entreprise qui facture une administration peut utiliser Factur-X avec Chorus Pro, en profil MINIMUM, pour satisfaire les exigences de cette plateforme. La DGFiP a confirmé que Chorus Pro reste la plateforme de référence du secteur public à partir de 2026, les fournisseurs de l'État ayant alors le choix entre Chorus Pro et une plateforme agréée pour transmettre leurs factures, sauf pour certaines modalités qui restent exclusives à Chorus Pro. Pour les échanges entre entreprises privées assujetties à la TVA, objet de ce site, c'est en revanche une plateforme agréée qui gère la transmission de la facture électronique, quel que soit le profil Factur-X utilisé.

Factur-X face à UBL et CII : comment choisir son format ?

Les trois formats du socle minimal ne se valent pas techniquement de la même façon. Le format hybride Factur-X garde une facture PDF lisible en plus des données structurées au format XML, ce qui facilite la transition pour les entreprises habituées à échanger des PDF dans le cadre de la facturation électronique obligatoire : c'est ce compromis qui explique sa popularité en France par rapport à des formats purement structurés. UBL et CII sont, eux, des formats purement structurés, sans fichier PDF associé, conformes à la même norme européenne EN 16931 mais plus adaptés aux échanges automatisés entre grands systèmes d'information qui n'ont pas besoin d'un rendu visuel intermédiaire pour le traitement des factures. Une entreprise n'a pas à choisir un format électronique unique pour toute son activité : elle doit surtout vérifier que sa plateforme agréée et celle de ses partenaires commerciaux acceptent le format qu'elle souhaite utiliser, ce qui est le cas pour les trois formats du socle minimal chez tout opérateur correctement immatriculé.

Quels logiciels permettent de créer une facture au format Factur-X ?

La plupart des logiciels de facturation et des logiciels comptables commercialisés en France pour préparer la réforme intègrent déjà la génération de factures au format Factur-X, généralement dans le profil EN 16931 par défaut. Avant de choisir un logiciel, il est utile de vérifier qu'il permet de sélectionner le profil de données adapté à chaque relation commerciale (MINIMUM pour Chorus Pro, BASIC ou BASIC WL pour une facturation simple, EN 16931 pour une conformité complète), et qu'il se connecte effectivement à une plateforme agréée immatriculée par la DGFiP plutôt que de se contenter de produire un fichier Factur-X isolé. Une fois émise, une facture Factur-X doit aussi être conservée dans des conditions garantissant son archivage électronique à valeur probante pendant toute la durée de conservation légale. Côté réception, un logiciel doté d'une extraction automatique des données par OCR peut aussi lire la couche XML d'une facture Factur-X reçue d'un fournisseur pour accélérer le rapprochement comptable.

Ce site n'est affilié à aucun éditeur de logiciel ni à aucune administration : il ne garantit ni conformité automatique ni éligibilité à un dispositif. Pour être aidé à choisir une solution compatible avec le format Factur-X adaptée à votre entreprise, vous pouvez être mis en relation avec une solution compatible. Retour à la vue d'ensemble de la dématérialisation des factures.


Rédigé par la rédaction dematerialisationdesfactures.fr, en savoir plus sur l'éditeur du site. Contenu informatif, non constitutif d'un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

Sources